27/05/2026
DADDY COOL. Ou : comment se faire désigner par un homme qui n'a peur de rien depuis 1971. Vendredi 29 mai. Le Sunset rouvre le panthéon disco.
Regarde bien l'affiche. Romuald te pointe du doigt. Pas son voisin. Pas le suivant. Toi.
C'est officiel : tu n'as plus le choix dans la date.
Le King de la Piste t'a désigné. La cérémonie commence à minuit. Regardez-le, d'ailleurs. Veste en jean assumée, deux chaînes en or, trois bagues qu'aucun de nous n'oserait garder dans un tiroir, bandana rouge paisley, moustache structurée comme une déclaration politique. Romuald n'a pas mis un déguisement. Il a simplement remis ses habits du vendredi soir. Ceux qu'il n'a jamais vraiment rangés.
Le programme tient en cinq mots sur l'affiche et tu n'as aucune excuse pour ne pas l'apprendre par cœur : Funk. Disco. Love. Good Vibes. Contrairement à tes patrons successifs, le King, lui, sait exactement ce qu'il veut de toi.
Pendant ce temps, le reste de la France se plaint de la canicule dans un groupe WhatsApp, boit un rosé pamplemousse tiède sur quatre mètres carrés de balcon, et scrolle les stories des gens qui sont, eux, vraiment partis. C'est leur problème.
À minuit, Boney M lance les hostilités. À 1h30, ABBA prend le relais sans prévenir personne. À 3h, quelqu'un sur la piste tente le pas du dauphin sans ironie et la salle entière applaudit. À 4h, le médaillon de Romuald a chaud. Toi aussi. La piste aussi. La pesanteur, elle, a encore pris sa soirée. C'est ça, Daddy Cool.
Une heure de moustache, deux heures de disco, trois heures de transmission d'une jeunesse qu'on n'a pas tous connue mais qu'on revendique comme un patrimoine immatériel.