06/09/2020
COMMUNIQUE OFFICIEL SYNDICAT CULTURE NOCTURNE & LE SENSI CLUB GENÈVE
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NOUVEAU REPORT D’OUVERTURE – PRISE DE POSITION
Chères clientes, chers clients,
La situation ne peut plus durer.
Nous avons appris mercredi passé que nos activités resteraient interdites jusqu’au 16 novembre prochain. Soit un nouveau report de 2 mois et demi (!) avant une éventuelle réouverture.
Nous recevions la veille une missive des autorités nous proposant malicieusement d’ouvrir en bar ou en salle de location... Cela s'apparente au mieux à une ignorance totale du milieu, au pire à de la provocation.
En effet, comment imaginer, en cumulant toutes nos charges fixes, une quelconque rentabilité sachant que notre chiffre d’affaire se fait à partir de 1h et que nous devrons en outre sortir notre personnel des RHT ?
De plus, comment prendre au sérieux un communiqué qui nous propose de faire des soirées privées, alors qu'à l'inverse nous ne pouvons pas accueillir nos clients en soirée publique ?
Le virus est-il plus virulent en soirée publique ? Le tracing est-il moins efficace en soirée publique ?
Non, ce que nous pensons réellement, c'est que ce courrier était là d'une part pour préparer le terrain aux annonces de report du lendemain ; d'autre part qu'il permettra à l'Etat de réduire les indemnités - s’il y en a un jour. Car oui, légalement, au fond, les boîtes peuvent ouvrir si elles le veulent... De là à parler d’une attitude vicieuse de nos dirigeants, il n’y a qu’un pas.
Si jusqu’à présent les mesures prises reflétaient les ajustements quotidiens au regard d’une situation sanitaire inédite et d’un virus inconnu, force est de constater qu’aujourd’hui, les autorités anticipent l’évolution au-delà de toute proportionnalités raisonnables. Le traitement politique de la situation a donc résolument changé.
Voici les faits concrets qui ont scellé, dans l’esprit de nos responsables, la décision de report d’ouverture et ainsi la froide exécution de nos établissements :
- Le nombre de morts frise le zéro depuis juin.
- Le nombre de personnes aux soins intensifs est nul depuis 3 semaines.
- Le nombre d'hospitalisation est très faible.
- Les cas sont stables.
L’Etat se base donc désormais sur le nombre de cas, peu importe qu’ils soient graves ou pas, pour prendre ses décisions. De ce fait, nos établissements ne pourront manifestement plus jamais revivre quelle que soit l’évolution sanitaire, car :
A) Les cas baissent ➡️ il ne faut pas rouvrir les lieux nocturnes, car la tendance va s’inverser.
😎 Les cas sont stables ➡️ il ne faut pas rouvrir les lieux nocturnes, car la hausse va reprendre.
C) Les cas augmentent ➡️ il ne faut pas rouvrir les lieux nocturnes, car la hausse va exploser.
Nous nous rendons mieux compte de l'impasse dans laquelle s'est mis tout seul l'Etat, en se précipitant de trouver un bouc émissaire responsable de la reprise des cas.
De son côté, le Syndicat Culture Nocturne, créé il y a 6 mois pour favoriser une approche constructive avec nos dirigeants, désirait simplement de la concertation, une entraide, une prise de décision main dans la main. Cela nous aurait permis de nous situer, d'anticiper, de rassurer notre personnel et de voir l'avenir beaucoup plus sereinement.
Tout au contraire, faisant fi de nos remarques, de nos propositions et de nos déboires financiers, le Conseil d'Etat s'est une nouvelle fois empressé de laisser nos portes fermées.
P*s, il se justifie par tous les moyens. Nous avons été indignés de lire les propos de M. Hodgers dans Le Temps cette semaine, qui persiste à dire que « la fermeture des clubs a eu de réels effets positifs, le nombre des cas à Genève a baissé. »
Au-delà d’une affirmation odieuse qui positionne les clubs comme des endroits « négatifs » par défaut et donc la cible à abattre, de telles exagérations sur les statistiques sont insupportables.
Voici la réalité des chiffres à Genève sur les cas de Covid-19 :
Avant notre fermeture ⬇️
Du 24 au 31 juillet (date de notre fermeture) -> Moyenne 43 cas / j
Du 17 au 31 juillet (date de notre fermeture) -> Moyenne 33 cas / j
Après notre fermeture ⬇️
Du 26 août au 2 septembre (moment où nous écrivons ces lignes) -> Moyenne 42 cas / j
Du 19 août au 2 septembre (moment où nous écrivons ces lignes) -> Moyenne 36 cas / j
Pour les « réels effets positifs » de notre fermeture, il faudra donc repasser. Le bénéfice sanitaire de cette décision politique est proche du néant ! Et la malhonnêteté de l’interprétation des chiffres qui sont constamment dirigés contre nos établissements n’est plus admissible.
Rappelons à ce titre que les soi-disant 40% d’infectés en club à Genève (contre 1,9% dans la Suisse entière…) sont basés sur un questionnaire rempli par le patient, lequel doit indiquer où il s’est trouvé dernièrement. Cela ne prouve aucunement qu’il ait été infecté sur les lieux cités ! Ce constat nous a été confirmé par le Service du Médecin cantonal. Mais il sera néanmoins comptabilisé dans ces fameuses statistiques. Le tout sans oublier que le nombre de tests est beaucoup plus élevé à Genève que dans le reste de la Suisse (dixit le Conseil d’Etat dans sa conférence de presse du 17 août)…
Nous ne voulons pas jouer les statisticiens, encore moins les scientifiques. Jamais nous ne minimiserons ce que ce virus a été, combien il a fait souffrir de personnes et même brisé certaines existences, y compris dans nos familles respectives. Nous ne sommes pas fous et souhaitons le bien de tous nos concitoyens ! Mais aujourd’hui la réalité est implacable : tandis que le virus est moins virulent que jamais, les autorités nous achèvent.
Nous ressentons bien sûr de l'incompréhension et de l'injustice, nous qui avions entrepris de bonne foi des démarches pour rencontrer nos dirigeants, et appliqué toutes les mesures sanitaires exigées. Mesures qui, notamment avec des techniques de traçage extrêmement efficaces, ont été saluées par le Service du Médecin Cantonal.
Mais pire que cela, nous nous sentons bafoués et stigmatisés. NOUS sommes perçus comme les responsables des cas de Covid à Genève par nos dirigeants.
Qui nous rendra notre honneur ? Qui redonnera de la confiance à nos clients, dont certains s’imaginent désormais mettre les pieds dans un nid à virus ? Qui nous rachètera une image correcte auprès de la population ?
Par ailleurs, certains se plaisent à rappeler que nous ne sommes pas indispensables pour la société. Mais que faire du millier d’employés que nous devrons bientôt licencier ? Étudiants, personnes en réinsertion, jeunes parents qui, chaque week-end, travaillent dans nos établissements pour joindre les deux bouts… Programmateurs, techniciens, ingénieurs qui vivent de passion et d’abnégation chaque jour… Doivent-ils devenir de simples lignes comptables dans la caisse chômage ?
Quid de VOUS, nos cher(e)s client(e)s ? Le Conseil d’Etat vous envoie en voiture sur les périlleuses routes menant aux clubs lausannois, alors qu’ici vous preniez le taxi ou rentriez à pied. Il pousse certains d’entre vous à participer à des soirées sauvages dans les espaces publiques de Genève, sans tracing ni sécurité, créant régulièrement des problèmes dont la Police se passerait bien. Ils vous encouragent à festoyer avec vos amis toute la nuit chez vous – vos voisins rêvent du jour où nous pourrons vous accueillir à nouveau…
Finalement, tous ces éléments nous amènent à prendre aujourd’hui une position forte pour notre secteur d’activité. Au vu du manque de respect du pouvoir envers des travailleurs honnêtes et responsables, au vu de l'incohérence édifiante de mesures disproportionnées, au vu de notre perte de confiance totale envers notre gouvernement, nous avons décidé de :
1) Nous joindre à la manifestation du 12 septembre sur la Place des Nations
2) Organiser une manifestation réunissant l’intégralité des acteurs et toute leur communauté si nous ne sommes pas aidés concrètement dès la semaine prochaine
3) Mener à bien d’autres actions de grande envergure selon l’évolution de la situation
Si les autorités décident de sauver notre secteur d’activité en nous laissant travailler, elles doivent réaliser que nous prendrons sans état d’âme la décision de refermer nos portes s’il y a une hausse significative du nombre d'hospitalisations et de personnes en soins intensifs.
Mais cela se fera uniquement selon un barème édicté par des médecins certifiés des HUG. Nous nous baserons cette fois-ci sur des faits MÉDICAUX, pas sur des interprétations politiques sans fondements qui stigmatisent et mettent en péril tout un pan de notre société. Ce barème nous permettra de nous situer et d’adapter notre affluence, puis d’anticiper une fermeture si la situation l’exige.
Nous n'accepterons plus de fermer sans aucune raison valable, en ayant l'impression de porter le poids d'une épidémie dont nous avions l'horrible sensation d'avoir été les créateurs à Genève.
Chères clientes, chers clients, nous vous attendons le samedi 12.9 sur la Place des Nations dans le respect de mesures sanitaires ADAPTEES.
En attendant, aussi intensément que possible mais aussi raisonnablement que nécessaire, VIVEZ ! C’est bon pour la santé.
LE SENSI CLUB GENÈVE pour le Syndicat Culture Nocturne